Le rucher Saint Gervais  
  les Avettes de Patrick 
La ruche
Les abeilles ont une très grande aisance à s'intégrer et à adopter l'abri que leur propose
l'apiculteur quand il les y installe.
Il suffit que ce contenant corresponde le plus possible à ce que les abeilles recherchent en matière d'habitacle. A la différence par exemple des frelons, les abeilles ne construisent pas de nid.
Elles recherchent un lieu qui protègera la colonie et dans lequel elles pourront y construire leurs rayons et y prospérer.
En pleine nature, elles peuvent ainsi investir le tronc creux d'un arbre, une cavité dans un mur, un rocher, la cheminée d'une maison. Elles peuvent également s'installer entre une fenêtre et un volet ou sous une toiture.
Aussi, l'apiculture a toujours chercher à reproduire l'habitacle "idéal" et le plus à même de fournir aux abeilles les conditions optimales à leur développement.

C'est aux XIXe & XXe siècles que des apiculteurs comme Charles Dadant, Lorenzo Langstroth, Jean-Batiste Voirnot, Georges De Layens ou Emile Warré, mettent au point différents modèles de ruches.
Ces ruches sont basées sur le principe de cadres (rayons amovibles ou barettes) sur lesquels les abeilles bâtiront leurs cellules / alvéoles et d'un corps central qui accueille les cadres et dans lequel la colonie va se développer.
Des éléments amovibles, comme les hausses, peuvent être ajoutés et retirés par l'apiculteur, sur le corps de ruche, au gré des saisons et récoltes de miel.

Différents types de ruches
Il existe une multitude de types de ruches en fonction des zones géographiques (froides, chaudes, de plaines, de montagnes, etc), des cultures & pratiques apicoles locales (professionnelles, pastorales, de cueillettes, etc), des formes (horizontale, verticale, cylindrique) ainsi que des matériaux utilisés (planches de bois, tronc d'arbre, osier, argile, ciment, plastiques, etc).
Mais en simplifiant, on peut distinguer, peu ou prou, deux types de ruches, selon qu'elles soient divisibles ou pas. On entend par divisible, une ruche dans laquelle tous les éléments sont de la même taille (pas de distinction entre hausse et corps de ruche).

La Langstroth et la Warré sont divisibles, avec des hausses identiques au corps et avec un seul type de cadres.
Avec ces ruches, pour recueillir du miel il suffit d'empiler les corps. 
La Dadant, est non divisible, avec des hausses et des cadres de hausses plus petits en hauteur que le corps et ses cadres.
Ma préférence est allé vers la Dadant, sans pour autant jeter l'opprobre sur les autres ruches comme l'on peut trop souvent le lire de la part d'apiculteurs qui trouvent, en LEUR ruche, le modèle idéal.
Je souhaitais une ruche assez grande pour un rucher sédentaire et assez facile à conduire. La Dadant 12 cadres correspondait à mes attentes. Le futur me dira si j'ai eu tort ou pas.
La ruche Dadant 10 cadres est maniable et offre un plus grand volume (66 litres) que le Langstroth (54 litres). Ses hausses sont plus légères ce qui les rend plus pratiques à l'usage.
La 12 cadres est idéale pour les grandes colonies, permettant aussi de contrôler le nombre d’abeilles dans la ruche.
La ruche Warré est une ruche qualifiée de populaire et d'écologique par ses défenseurs. Sa particularité tient dans sa forme réduite et rectengulaire ainsi que dans sa conduite. 
La ruche Warré n'utilise pas de cadre mais des barrettes avec une petite amorce de cire.
L'agrandissement de la ruche se fait par le bas. Quand la colonie a besoin de place on ajoute un ou deux éléments en dessous des éléments déjà en place.
On récolte le miel par le haut, comme dans les autres systèmes de ruches. Comme il n’y a pas de cadre, on ne procède pas par centrifugation mais par écrasement des rayons.
Dans le corps d'une ruche sont installés des cadres (au nombre de 12 pour une Dadant 12 cadres). Ces cadres pendent, sur toute la hauteur du corps de ruche, perpendiculairement aux faces avant (l'entrée de la ruche) et arrière.
C'est dans le corps de ruche que vit la colonie tout au long de l'année. Au centre se trouve le couvain qui s'étend sur plusieurs cadres. On appelle couvain la zone des cellules qui accueille la ponte de la reine.
Puis, de part et d'autre des cadres de couvain, sont entreposées les réserves de miel et de pollen de la colonie.

Dès que les grandes fleuraisons commencent et si la colonie s'est bien développée à l'approche du printemps, l'apiculteur place sur le corps de ruche, par simple superposition, un second corps de ruche que l'on appelle hausse. Les abeilles vont y entreposer leur surplus de miel.
C'est ce surplus de miel que l'apiculteur récupèrera quand il retirera les hausses.

Qu'il s'agisse de ruches Dadant, Langstroth, Warré, Voirnot ou autres, il n'y a, en la matière, ni règle générale ni ruche parfaite.
Il revient à chaque apiculteur de (dé)montrer qu'il est capable d'adapter ses pratiques et son matériel aux races d'abeilles qu'il élève.