Le rucher Saint Gervais  
  les Avettes de Patrick 
L'apiculture
L'apiculture, les apiculteurs et les abeilles, en chiffres...

La dernière
 étude sur la filière apicole française réalisée par FranceAgriMer en 2015, et portant sur un observatoire de la production de miel et de gelée royale, laisse présager d'un avenir plutôt positif pour la filière même si des difficultés non négligeables persistent.

Selon cette étude, le nombre d'apiculteurs est reparti à la hausse. 
En 2015, nous étions 40.944 à détenir au moins une ruche. Soit une augmentation de 10% par rapport à 2014. 
Si cette tendance à la hausse persiste, cela concrétiserait ce regain d'intérêt pour l'apiculture, et l'arrêt de la baisse du nombre d'apiculteurs en France. 
Ces chiffres sont plutôt encourageants, car durant ces vingt dernières années, et jusqu'en 2014, la filière apicole n'a cessé de perdre ses apiculteurs. Leur nombre avait chuté à 37.193, en 2014. 
Ils étaient 41.836, en 2010 ; 69.237 en 2004 & 84.215 en 1994. 
 
Le nombre de ruches est, lui aussi, en augmentation même si ces données sont à relativiser par des pertes importantes chaque hiver compensées par l'augmentation globale du cheptel français au printemps. 
A l'entrée de l'hiver 2014/2015, la France comptait 1.200.930 ruches. Soit une croissance de 21% par rapport au précédent hiver. 
Là encore, la courbe semble s'inverser, puisque la France avait vu chuter son cheptel passant de 1.320.900 ruches en 2004 à 1.073.900 ruches en 2010. 
 
En revanche, la production de miel est plus fluctuante. L'apiculture française peine à retrouver le niveau de ses productions antérieures. 
Si 2015 a été une "très bonne année" voire une année exceptionnelle avec une production de 24.000 tonnes, 2014 n'avait produit que 13.000 tonnes et l'on sait que 2016 ne devrait guère dépasser les 10.000 tonnes. 
Pour mémoire, la production était de : 18.330 tonnes en 2010 et 25.500 t en 2004. 
Le rendement moyen national en miel, quant à lui, s’élève à 26,3 kg de miel produit/ruche en 2015, contre 16,2 kg/ruche en 2014. 
 
En 2015, les apiculteurs disposant de moins de 50 ruches (apiculteurs de loisir & agriculteurs disposant d’un atelier d’apiculture en tant que complément à une autre activité) représentent 92% des apiculteurs français. En 2010, ces apiculteurs « familiaux » (disposant de 1 à 30 ruches) représentaient 89,3% (37.400 apiculteurs) de la profession. 
Ils ont produit, en 2015, 25% du miel français. 
Les apiculteurs avec plus de 150 ruches représentent 4,5% du total des apiculteurs en France (4% lors du dernier audit de 2010). Ils sont 1841 apiculteurs (1633 en 2010). La hausse du nombre de ces apiculteurs que l'on peut qualifier de professionnels est proportionnellement plus importante que celle observée pour l'ensemble de la filière. 
Les professionnels assurent les deux tiers (64%) de la production de miel contre 25% pour les apiculteurs disposant de moins de 50 ruches.
 






























L'étude relève que le miel certifié biologique représente environ 10 % du total du volume de miel produit en 2015. Ce type de miel est presque exclusivement produit par des apiculteurs professionnels, les apiculteurs de loisir ne souhaitant en général pas s’acquitter du montant de la certification.

En annexe la synthèse de l'audit de la filière apicole réalisé par FranceAgriMer en 2010.
Cela reste une belle aventure ! 
 
Vous aimez la nature et avez le désir de contribuer à sa préservation. Vous n'avez pas la phobie des insectes (l'entomophobie) et encore moins celle des abeilles (l'apiphobie). Avoir une ruche dans votre jardin vous tenterait bien ? Alors n'hésitez pas ! Lancez-vous !
Ne vous focalisez pas sur les mises en garde de ces "vieux grincheux" qui, ici ou là, sur les réseaux sociaux, mettent en avant les difficultés inhérentes à l'apiculture. Certes, et d'ailleurs, comme toutes les activités qui touchent à la terre, au vivant, devenir apiculteur ne s'improvise pas... quoique...  avec un peu d'accompagnement et de conseils glanés vous verrez que l'apiculture n'est pas aussi difficile à pratiquer que ces oracles de mauvais augures prétendent.
La principale difficulté réside à "produire" du miel. Mais si cette production n'est pas votre objectif immédiat, alors, oui ! Lancez-vous !

Cette aventure vous emmènera sur des horizons insoupçonnés. Vous prendrez plaisir à récolter votre miel pour la famille et les amis, vous découvrirez les vertus des autres produits de la ruche : pollen, gelée royale, propolis… 
Vous suivrez avec attention les différentes floraisons, bricolerez votre matériel apicole, observerez le comportement des abeilles. Vous serez encore plus attentif à la nature, suivrez le cycle des saisons...
Enfin, sachez que le travail au rucher vous occupera surtout au printemps et au début de l’été.

Comment se lancer ?
Le monde des abeilles semble mystérieux et complexe pour le novice. Cette aventure vous emmènera au cœur de la ruche pour comprendre la vie sociale de la colonie. Quelques soirées consacrées à l’étude d'ouvrages apicoles vous aideront, mais rien ne vaut le contact direct avec un apiculteur et les abeilles. Le plus confortable est de commencer avec un minimum de connaissances de terrain acquises soit auprès d'un apiculteur soit au sein d'une association dispensant des cours dans un rucher école notamment.
N'hésitez pas à surfer sur la toile à la recherche d'expériences, à visionner des vidéos. YouTube, par exemple, en propose sur tous les sujets.
Où que vous soyez, des «mordus» d’apiculture existent et vous attendent pour vous aider à faire vos premiers pas avec les abeilles.

Il y a autant d'apicultures que d'apiculteurs !
Sachez qu'en apiculture toutes les formations, tous les conseils, ne sont rien comparés à l'expertise que vous développerez aux contacts de vos avettes. Ce seront vos abeilles qui vous en apprendront le plus sur l'apiculture. Au fil des saisons vous expérimenterez, vous ferez des erreurs, vous acquerrez vos connaissances par l'observation et par la relecture des notes que vous ne manquerez pas de prendre à chaque visite.
Régulièrement, je me pose au rucher et passe de ruche en ruche, à les regarder faire, durant de longues minutes. C'est à chaque fois de nouvelles scènes qui se déroulent devant moi.

Au rucher, je pense abeilles, je vis abeilles ! Autant que faire se peut...

Combien de ruches ?
Comme je viens de vous le dire, l'apprentissage passe par l'observation de l’activité de ses propres colonies et la comparaison de leur comportement respectif. Une ruche isolée n’offre pas cette possibilité de comparaison. Les colonies peuvent se ressembler ; elles diffèrent, parfois légèrement, les unes des autres, dans leur comportement. Elles ne sont pas toutes au même niveau au même moment. Ce qui donne d’emblée une expérience plus riche. Autre avantage à conduire deux ruches, en cas de problème grave sur une ruche, on peut toujours compter sur la deuxième voire la troisième. Je vous conseille donc de débuter avec 2 ou 3 ruches.
Visite au rucher
Fiches de contrôle & de suivi des colonies
Lorsque vous visitez vos ruches il est intéressant de prendre systématiquement des notes sur ce que vous voyez et sur ce que vous fêtes.
Même avec une seule ruche, ces notes vont vous permettre d'évaluer la progression de la colonie.
A chacune et à chacun sa méthode. Ce peut être une fiche de suivi par ruche, glissée dans une pochette transparente plastifiée et placée sous le toît de la ruche.
Je préfère renseigner une fiche par visite regroupant l'ensemble des observations. Cette méthode me permet de pouvoir consulter mes notes à tête reposée et d'ainsi plannifier mes intérventions.

Le registre d'élevage
Il est nécessaire et même obligatoire, de par la loi, de tenir à jour un registre d'élevage, dès l'instant où vous avez déclaré votre première ruche. Le plus simple est de vous procurer un grand cahier (de préférence avec pages nunérotées).
Indiquez en première page toutes les informations concernant le rucher (votre nom, votre NAPI/SIRET, localisation du rucher,etc)
Vous reporterez dans ce registre, et dans des pages dédiées, les traitements, les nourrissements, les maladies observées, etc.
Vous pouvez, également, y reporter une synthèse de toutes vos visites.


Voici deux fiches que j'utilise (vous pouvez les télécharger en cliquant sur l'image) :

Et le matériel ?
Un équipement de base est indispensable.
Une paire de gants. Ils doivent comporter de longues manchettes terminées par un élastique. Je possède deux types de gants, en cuir et en caoutchouc. Et les deux me sont complémentaires.
Un chapeau avec un voile pour protéger le visage. L’idéal est un voile comportant une armature empêchant le vent de pousser le tulle ou le nylon sur le visage.
Il existe des vestes ou des combinaisons intégrales avec voile. Elles sont efficaces contre les piqûres et très utiles pour ne pas salir ses vêtements (les taches de propolis partent très difficilement au lavage). Préférez les tissus clairs et tissés serrés. Évitez les modèles avec gants intégrés et/ou voile non détachable. On ne peut pas les laver correctement.
Un lève-cadre, l’outil qui ne quitte pas la main de l’apiculteur pendant le travail au rucher. Il sert à ouvrir une ruche et à séparer les éléments de la ruche que les abeilles solidarisent grâce à la propolis, leur mastic aux étonnantes propriétés.

Une brosse peut également être utile selon les manipulations à effectuer.
Un enfumoir, dont la fumée calme les abeilles.
Avec le voile, c'est l'outil indispensable !

D’autres accessoires pourront vous être utiles, mais il ne faut pas les acheter dès le départ. À vous de les choisir en fonction de votre expérience.

Le matériel pour l’extraction et le conditionnement du miel constitue une dépense importante car il s’agit de cuves en acier inoxydable. Il existe des "kits miellerie" aux prix abordables en plastique alimentaire.